13 février 2009
Arrêts de traitement en fin de vie
Proposition pour la modification du code de déontologie
Le Conseil national de l’Ordre a approuvé la nouvelle rédaction de l’article 37 du code de déontologie qu’il propose à Roselyne Bachelot. Il s’agit, comme le souhaitait d’ailleurs la mission Leonetti, de préciser l’obligation du médecin de recourir à des traitements antalgiques et sédatifs en cas d’arrêt de traitement actif en fin de vie.
Le Quotidien du médecin du 13/02/2009
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11 février 2009
La mort d’Eluana au cœur du débat sur l’euthanasie
Monde 10/02/2009 à 06h51
Italie. Le Sénat voulait interdire l’arrêt de son alimentation forcée.
Après des années de bataille judiciaire et de conflit politique qui se sont transformés au cours des derniers jours en une mini-crise institutionnelle, un simple communiqué a mis un terme hier soir au cas d’Eluana Englaro, la jeune Italienne plongée dans un coma végétatif depuis dix-sept ans.
Dans la clinique d’Udine, où elle avait finalement été accueillie vendredi pour cesser d’être alimentée et hydratée, Eluana Englaro est décédée malgré les tentatives de Silvio Berlusconi de bloquer jusqu’au bout ce qu’il avait qualifié de «crime». L’annonce de la mort de la jeune femme, qui avait été victime d’un accident de la route en 1992, lorsqu’elle n’avait que 20 ans, a été annoncée dans la soirée au Sénat alors que les parlementaires avaient été convoqués en urgence par le chef du gouvernement pour adopter une texte empêchant de laisser mourir Eluana. «Que le Seigneur l’accueille et pardonne à ceux qui l’ont conduit là», a commenté le cardinal Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour la santé, qui affirmait récemment : «Interrompre l’alimentation et l’hydratation équivaut à un abominable assassinat.»
Sous la pression du Vatican, l’affaire Eluana Englaro a profondément divisé la péninsule et a pris ces derniers jours un tour très violent après la décision de Berlusconi de défier le président de la République et la magistrature et de recourir à des procédures d’urgence pour, a-t-il soutenu, «ne pas avoir la responsabilité de sa mort». Et cela au moment où Giuseppe Englaro pensait être arrivé au bout de son calvaire et de celui de sa fille.
Recours. Alors que les médecins ont, dès 1993, jugé qu’il n’y avait plus d’espoir, le père d’Eluana avait trouvé une clinique pour assister la jeune femme dans ses derniers instants et voulait croire que les innombrables recours en justice déposés par les opposants au «droit de mourir» étaient surmontés. Ce n’est qu’en novembre 2008, au terme de dix ans de procès, que la Cour de Cassation l’a autorisé à interrompre l’alimentation et l’hydratation artificielles d’Eluana.
Giuseppe Englaro avait ensuite dû trouver une structure d’accueil adéquate. La région de Lombardie, présidée par l’ultracatholique Roberto Formigoni et où réside la famille Englaro, s’est opposée à toute solution. Au bout du compte, c’est une clinique d’Udine, dans le Frioul, qui a accepté d’accueillir vendredi Eluana. «Elle ne souffrira pas car Eluana est morte il y a dix-sept ans», a précisé Amato De Monte, l’anesthésiste de la clinique. Le décès devait intervenir au bout d’une quinzaine de jours, selon les médecins.
C’est pour s’opposer à ce qu’elle considère comme un «crime d’euthanasie» que la droite berlusconienne s’est lancée dans une course contre la montre. Vendredi, le patron de la droite a fait approuver en urgence en Conseil des ministres un décret-loi stipulant que «dans l’attente de l’approbation d’une législation complète en matière de fin de vie, l’alimentation et l’hydratation ne peuvent en aucun cas être suspendues par ceux qui assistent les personnes qui ne sont pas en mesure de décider pour elles-mêmes». Mais le chef de l’Etat, Giorgio Napolitano (ex-communiste), a refusé de contresigner la mesure. Berlusconi a alors tenté le passage en force en convoquant «sur le champ le Parlement pour faire adopter la loi en l’espace de deux ou trois jours».
Enjeux. Alors que les sondages indiquaient que l’opinion était partagée, les enjeux de la polémique ont largement dépassé le cas de la jeune femme. «Berlusconi a pris le cas Englaro comme prétexte pour tenter un coup de force», a estimé l’écrivain Umberto Eco. Hier, les dirigeants de la majorité ont annoncé qu’ils entendaient poursuivre l’examen du texte car, disent-ils, «Eluana n’est pas morte, elle a été tuée».
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10 février 2009
Eluana Englaro, symbole italien de la lutte pour l'euthanasie, est morte

Mme Englaro est morte un peu plus de trois jours après l'arrêt de son alimentation et de son hydratation, beaucoup plus rapidement que ses médecins le prévoyaient.
Les sénateurs ont observé une minute de silence à sa mémoire. Le Sénat italien était réuni en session d'urgence pour examiner un projet de loi présenté par le gouvernement de Silvio Berlusconi pour empêcher la mort de la jeune Italienne.
"Que le Seigneur l'accueille et pardonne à ceux qui l'ont conduit là", a commenté le "ministre de la santé" du Vatican, Javier Lozano Barragan. L'Eglise catholique avait jeté tout son poids dans la bataille pour empêcher ce qu'elle considérait comme une euthanasie et un homicide.
Le président du conseil, Silvio Berlusconi, a appris "avec une profonde douleur" la mort d'Eluana, selon les médias italiens.
Le père d'Eluana, Beppino, qui se battait depuis des années pour le droit de mourir de sa fille a été informé de son décès et a demandé à pouvoir se recueillir seul avant de réagir. La famille de la jeune femme avait obtenu de la plus haute juridiction italienne en décembre dernier l'autorisation de la laisser mourir. Les médecins avaient cessé vendredi dernier de l'alimenter et de l'hydrater pour ne plus lui administrer que des sédatifs destinés à lui épargner des souffrances.
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