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25 mars 2008
En parler
C’est l’honneur du politique, sa plus haute mission, que de légiférer sur l’essentiel d’une société : la vie et la mort. Dans l’histoire récente quand le Parlement de notre République laïque s’est saisi de l’avortement en 1974, de la peine de mort en 1981, de l’accompagnement des malades incurables en 2005, cela a toujours été difficile. L’opinion était divisée, pour ne pas dire opposée. Les arguments touchaient à la morale ou la religion. Les parlementaires se sont chaque fois inscrits résolument dans les débats de leur temps. Quitte à choquer une partie de leur électorat. L’impact de la triste histoire de Chantal Sébire semble montrer que les positions sur l’euthanasie ont évolué en France. Il est temps de remettre à plat notre dispositif, d’autant que le nouveau débat sur les lois de bioéthique prévu l’an prochain sera une occasion de l’évaluer. Il y faudra du courage : passer du concept d’euthanasie passive à celui d’euthanasie active, voire de suicide assisté est un saut majeur. Mais les mentalités évoluent. Il faut en discuter et trouver des espaces pour légiférer. Au-delà des cas dramatiques souvent surmédiatisés, le vieillissement de notre population va produire des «cas limites» de plus en plus fréquents. On doit dessiner un nouveau cadre législatif, un système de contrôle impliquant proches, médecins et experts.
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