« Chantal Sébire est morte | Page d'accueil | Pete Hoebeke, vous aviez proposé à Chantal Sébire de l'euthanasier »

20 mars 2008

Fin de vie: la loi Leonetti va être réévaluée

Le cas de Chantal Sébire a montré les limites de la loi votée en 2005 sur laquelle la justice s'est appuyée pour refuser à cette femme de 52 ans le droit à mourir dans la dignité.
AFP
LIBERATION.FR : jeudi 20 mars 2008  
Le trouble semé par le cas de Chantal Sébire, qui souffre d'une tumeur incurable et demande l'autorisation de mourir dignement, a incité le gouvernement à demander une évaluation de la loi Leonetti sur la fin de vie.
Tout en se réjouissant de cette démarche, les partisans du droit à l'euthanasie active ont relevé que ce même jour en Belgique l'écrivain Hugo Claus, souffrant de la maladie d'Alzheimer, a pu se donner la mort "comme il le souhaitait et quand il le souhaitait", selon les termes de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).

Jean Leonetti, député-maire UMP d'Antibes et rapporteur de la loi votée à l'unanimité en 2005 instaurant un droit au "laisser mourir" mais pas à l'euthanasie active, a été chargé d'une mission d'évaluation pour remédier à "la méconnaissance des textes" et éventuellement à "l'insuffisance de la législation".

La loi de 2005 a fondé le rejet par la justice, lundi, de la demande de Chantal Sébire.

Hier, son médecin, le Dr Emmanuel Debost, s'était rendu à l'Elysée, à la demande du président de la République, pour déposer son dossier médical auprès du Pr Arnold Munnich, conseiller du Président pour les questions de santé. Selon l'Elysée, le Dr Debost était assisté par le Pr Daniel Brasnu, spécialiste de la maladie dont souffait Chantal Sébire.

Le chef de l'Etat "a indiqué qu'il était particulièrement sensible à la souffrance de Mme Sébire et de sa famille ainsi qu'à l'appel qui lui était lancé", selon un comuniqué de l'Elysée.

Deux membres du gouvernement ont plaidé mercredi en faveur du recours à l'euthanasie active pour Chantal Sébire. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et médecin, a demandé un exception à la loi, pour lui permettre de ne pas se suicider "dans une espèce de clandestinité dont tout le monde souffrirait, surtout ses proches". Nadine Morano, nommée mardi secrétaire d'Etat à la famille, s'est dite elle aussi favorable à l'euthanasie.

Le député Leonetti a répliqué à Bernard Kouchner en se disant "très irrité par (sa) réponse simpliste". "Il ne peut pas ignorer que la demande de Chantal Sébire, compréhensible sur le plan humain, est irrecevable", a-t-il déclaré au quotidien La Provence. "Je trouve inadmissible que l'on fasse croire à cette personne qu'elle peut obtenir quelque chose qu'elle n'aura pas. Je crois qu'il est préférable de répondre à Chantal Sébire par le dialogue et l'accompagnement afin que l'on trouve avec elle des solutions pour qu'elle parte apaisée", a-t-il ajouté.

Le président de l'ADMD, Jean-Luc Romero, a estimé que le cas de Chantal Sébire faisait "clairement avancer les choses" mais que c'était "encore bien trop lent". "Il faut aller plus loin" que la loi Léonetti, "en s'inspirant des législations des pays avoisinants", a-t-il souligné.
Si quelques pays européens ont légalisé ou reconnu l'euthanasie, la Suisse est, selon l'ADMD, le seul pays qui accepte d'aider des étrangers, après vérification de leur dossier.

Commentaires

Léonetti n'accepte pas que Chantal SEBIRE ait fait découvrir les limites de sa loi. Il y a quelque chose d'indécent dans cet orgueil incontrôlable. La Loi Léonetti a été faite pour soulager la responsabilité des réanimateurs et donner un alibi aux oncologues qui ont assez de compassion pour mettre un terme à la vie à l'aide d'antalgiques, mais elle a complètement oublié les patients qui ont conservé leur lucidité et qui veulent mourir dignement.

Ecrit par : Philippe BISSON | 21 mars 2008

Ecrire un commentaire