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14 mars 2008
ce qu'en pense l'avocat de Chantal Sébire
"C'est pour occuper l'espace. Il fallait bien que l'Elysée, qui s'occupe de tout, réagisse. (...) Cette demande arrive après huit ans de maladie. Dans l'état où elle est, a priori, il n'y a pas le moindre espoir pour Chantal Sébire", a expliqué Me Gilles Antonowicz vendredi à Reuters.
Ce n'est pas une expertise médicale que seule la justice peut proposer, c'est une consultation. Mme Sébire a encore le libre choix de son médecin. Est-ce qu'elle aura la volonté de subir encore de nouveaux examens, je n'en suis pas sûr", a-t-il ajouté.Saisi par une lettre de cette femme, l'Elysée a demandé à un conseiller, le Pr Arnold Munich, chef de service à l'hôpital Necker, de lui proposer une nouvelle consultation auprès des plus grands spécialistes de sa maladie.
Chantal Sébire, qui estime qu'il n'y a pas d'autre voie pour mettre fin à ses souffrances qu'elle dit atroces et à celles de ses trois enfants, souhaite toujours en finir, a dit l'avocat.
Elle refuse une proposition médicale qui lui a déjà été faite d'arrêter les traitements, ce qui provoquerait la mort après plusieurs jours de coma. Elle s'en tient à la demande faite à un juge de Dijon d'autoriser la prescription et l'administration d'une substance létale.
Me Antonowicz a admis qu'il s'agissait de demander à un magistrat un suicide médical assisté, ce qui est en l'état du droit français en théorie impossible.
"Mais le droit ne doit pas être inhumain. Il n'y a pas beaucoup de solutions. Soit on accepte ses souffrances, soit on choisit la cessation des traitements, soit on fait droit à ma requête", a-t-il dit.
Le magistrat, a-t-il précisé, peut s'appuyer sur le code de la santé publique qui refuse "tout traitement médical inutile, disproportionné et ayant pour seul but le maintien artificiel en vie". Le juge doit statuer lundi à 14h00.
Le Premier ministre, François Fillon, et la ministre de la Justice, Rachida Dati, ont dit jeudi refuser toute réforme sur la base de cette affaire et s'en tenir à la loi Leonetti adoptée en avril 2005, qui permet d'arrêter des traitements et d'administrer des médicaments anti-douleur même s'ils présentent un risque vital, mais pas de mettre fin à la vie de patients.
Le cas de Chantal Sébire relance un débat ancien. Deux pays européens, la Belgique et les Pays-Bas, ont légalisé l'euthanasie active. La loi ne s'applique que dans les cas extrêmes - environ 350 euthanasies légales ont été pratiquées en 2004 et 2005 en Belgique, soit seulement 0,36% des décès.
La Suisse autorise l'assistance au suicide, même pour les personnes qui ne sont pas atteintes d'affections mortelles, ce qui a amené un insolite "tourisme de la mort" dans ce pays.
Thierry Lévêque
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Commentaires
Dire que la Suisse a organisé "un insolite tourisme de la mort", c'est indécent, écoeurant, révulsant. L'auteur de cette expression mériterait qu'on lui réserve une place pour le prochain voyage. Insupportable.
Ecrit par : BISSON | 15 mars 2008
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