| <<Comme vous le savez, on dépense en moyenne durant les trois dernières semaines de la vie d'un individu des sommes considérables pour le maintenir en vie. Les études purement économiques montrent que s'il mourait trois semaines plus tôt, les comptes de l'assurance-maladie seraient équilibrés.>> (in <<La défaite en chantant>> de Claude Allègre, chez Plon/Fayard). Et d'ajouter prudemment: <<Ces dernières semaines de vie sont terribles pour l'individu, et fort coûteuses pour la société. Mais on ne va pas pour autant prôner l'euthanasie ! C'est difficile, car la mort est devenue un sujet politique.>>. Sage Claude Allègre ! C'est vrai qu'aborder les problèmes de fin de vie, pour un homme politique, ce n'est pas bon pour sa santé et pour sa carrière. Pas électoraliste, pas assez "clientéliste". Mais alors, quel remède pour les finances de l'assurance-maladie le Docteur Allègre propose-t-il ? Aucun. Il est vrai que le Professeur Allègre n'est pas médecin ; il est géophysicien. Mais qu'en pensent nos urgentistes-réanimateurs ? Leur immense et admirable travail ne serait-il qu'improductif, inefficace, inutilement onéreux et générateur de grandes souffrances pour le patient comme pour son entourage ? Faudra-t-il que les bien-portants sacrifient trois semaines de leur vie pour boucher le "trou de la Sécu"? Hors toute considération politique, il semble exister un consensus dans l'opinion publique sur la nécessité et le devoir pour les médecins de s'abstenir de toute forme d'acharnement thérapeutique. Si cette disposition (qui figure d'ailleurs dans le nouveau Serment d'Hippocrate) était bien appliquée, bien des souffrances inutiles seraient épargnées, et les deniers de la Santé mieux gérés. Mais la Médecine serait belle, si elle pouvait s'exercer librement hors des contraintes de la Loi. Dr Philippe Deharvengt, alias le Père Igor, cliché Exmed |
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