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17 juillet 2007
LE MENSUEL DU GOLFE DU MORBIHAN reçoit l'ADMD
LE MENSUEL DU GOLFE DU MORBIHAN ( juillet/août 2007) s'est entretenu avec deux membres de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité : ADMD, afin de mieux connaître ces hommes et femmes qui militent pour que la loi française reconnaisse au malade la possibilité de recourir à "une autodélivrance assistée". En clair elle défend l'euthanasie. Un combat très controversé que tente d'expliquer Thérèse Iliou, responsable de l'antenne de Vannes.
"Nous sommes confrontés à une forme d'hypocrisie. On a du mal à appeler un chat un chat. La loi Veil a admis le principe de l'interruption de l'avortement. Aujourd'hui, c'est pareil avec l'euthanasie. Le mot fait peur. Nous parlerons donc d'autodélivrance assistée." Les propos de Thérèse Iliou, responsable vannetaise de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), sont sans équivoque : le combat de son association est particulièrement controversé. Tout le monde n'apprécie pas ses prises de position en faveur de l'euthanasie au point que certains membres ont déjà été interdits d'accès dans les établissements hospitaliers vannetais. On leur reproche "d'apporter la mort". Mais, depuis une décision du Conseil d'État, l'association fait partie du Conseil des usagers des hôpitaux.
La sédation pose problème.
L'ADMD est née il y a vingt-cinq ans à Paris. Elle compte une centaine d'antennes en France aujourd'hui. Dans le Morbihan, cette association, qui se veut laïque, revendique près de 400 adhérents. Elle est implantée à Lorient et depuis un peu plus de deux ans à Vannes. "Parmi nos membres, se trouvent de nombreuses personnes qui, dans leur entourage, ont vécu un décès difficile", expose la responsable. Si l'ADMD reconnaît de sensibles avancées avec la loi Leonetti d'avril 2005, elle ne compte pas s'arrêter là. Pour l'heure, elle doit s'accommoder du droit donné au malade de refuser tout traitement. Celui-ci doit en exprimer la "volonté anticipée", renouvelée par écrit tous les trois ans, sous le contrôle de la "personne de confiance" qu'il a désignée. Une première victoire contre l'acharnement thérapeutique.
Thérèse Iliou précise que "ce droit n'est réservé qu'aux personnes en fin de vie. Ce n'est pas suffisant. Le cas de Vincent Humbert, un pompier victime d'un très grave accident est symptomatique". Réduit à un état végétatif, bien que parfaitement conscient, Vincent a manifesté à plusieurs reprises son souhait de ne plus vivre de la sorte. Mais son cas n'était pas pris en compte par la loi.
Pour l'ADMD, ce genre de situation devrait être réexaminé par le législateur : "L'idéal serait de définir des exceptions précises à l'interdiction d'euthanasie, comme le font déjà d'autres pays". Autre problème soulevé par l'ADMD, celui de la sédation. Il s'agit d'accompagner le patient vers la mort avec un traitement pour soulager la douleur, telle que la morphine… "En France, on pratique le laisser-mourir, avance Thérèse Iliou. C'est la loi du double effet. Pour soulager le malade, le médecin peut progressivement augmenter la dose jusqu'à provoquer la mort. Il serait tellement plus sain que chacun puisse choisir en connaissance de cause et puisse vivre sa mort librement."
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