24 mai 2009
NOTRE PROCHAINE RENCONTRE à VANNES
Attention
Elle se tiendra le lundi 8 juin 2009
à Vannes à 14h30
SALLE COMMUNALE DE KERCADO
Place de Cuxhaven
(non loin du poste de police de Kercado)
un groupe de lycéennes et leur professeur seront présents
Nous comptons sur vous.
Vous pouvez nous contacter au : 02.97.63.81.40 ou par mail : admd.morbihan@laposte.net
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Pensez à écrire vos volontés anticipées et à choisir vos personnes de confiance
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27 avril 2009
Les Suisses se fachent contre Leonetti
15 Décembre 2008 Par Daniel Carré ( Médiapart )
Rien n’arrête Jean Leonetti . Il grossièrement déformer la situation belge concernant l’euthanasie. Les Suisses aussi s’insurgent de sa description de la fin de vie dans leurs cantons !
Ci-après, vous lirez la lettre ouverte d’Elke Baezer à Monsieur Leonetti.
Non, Monsieur Léonetti !
Vous avez tort de prétendre que ceux qui demandent à mourir le font par un sentiment d'abandon ou par solitude, qu'ils se trouvent à l'hôpital ou à domicile.
Prenez juste les cas les plus médiatisés en France récemment : Chantal Sébire était bien entourée, aimée, soignée par sa famille.
Vincent Humbert n'a jamais été abandonné, ni par sa mère, ni par sa famille, ni par ses amis.
Prenez le cas de Rémy Salvat, vivant au mieux malgré son handicap, soutenu par ses proches jusqu'au jour de sa mort choisie.
Pensez à Ramon Sampedro que son frère et sa belle-soeur ont soigné de la façon la plus dévouée dans leur maison pendant 26 ans. Il avait des visites, il pouvait communiquer, il a écrit ou plutôt fait écrire des poèmes, des réflexions bouleversantes.
Souvenez-vous de P-Giorgio Welby, de Diane Pretty, de Maja Simon et j'en passe.
Aucune de ces personnes n'a choisi de mourir par solitude, par abandon, mais bien à cause de leurs souffrances, morales plus encore que physiques. Toutes ces personnes ont refusé d'avancer encore sur leur lente et irrémédiable descente aux enfers. Ils ont refusé d'attendre le moment à partir duquel ils n'auraient plus été maîtres de leur destin et de leurs propres décisions. La mort ne leur faisait pas peur, mais une agonie interminable sous les yeux de leurs proches.
Et pas question pour eux d'accepter votre "solution": la sédation terminale, justement parce qu'ils voulaient eux-mêmes décider jusqu'au bout du jour et de l'heure de leur mort. Céder cette décision, la plus importante, la plus intime de leur vie à des tierces personnes eut été ressenti par eux comme une main-mise extérieure, exactement le contraire de leurs convictions.
Depuis plus de 20 ans, j'assiste des membres d'EXIT en Suisse lors de leur auto-délivrance. Je ne provoque rien, mais je les aide à mourir selon les règles très strictes d'EXIT et en accord avec la loi suisse. Il est vrai : ils n'étaient pas tous mourants, sinon, le médecin, en application des directives de l'Association Suisse des Sciences Médicales, aurait été en droit d'abréger leur agonie en augmentant les doses d'anesthésiants jusqu'à ce que mort s'ensuive. Mais ceux qui s'adressent à EXIT (65 000 adhérents en Suisse) ont une autre conception de leur fin. Religieux ou pas, croyants ou pas, ils préfèrent s'en aller tant que la décision leur appartient encore. Il est bien possible que de par votre spécialité en médecine, peut-être aussi par manque de confiance de la part de vos patients, vous n'ayez jamais été confronté à de telles demandes de mort volontaire, que vous n'ayez donc pas pu acquérir cette expérience-ci.
Je ne peux pas et je ne voudrais pas vous inviter à m'accompagner une fois lors d'une telle démarche, car la mort d'une personne n'est pas un acte public. C'est sa dernière intimité, sa dernière dignité qu'il faut respecter absolument.
Mais croyez-moi, croyez les témoignages de tous ceux qui y ont assisté : cette façon de s'éteindre doucement, dans les minutes qui suivent la prise du médicament, dans les bras des proches, entouré de leur amour, en ayant pu se préparer au deuil ensemble, ressemble beaucoup plus à l'idéal ancestral de la mort, que de devoir attendre des jours ou des semaines extrêmement pénibles, insupportables, jusqu'à ce que le père, la mère meurent de soif et de faim dans un coma artificiel interminable.
Arrêtez enfin cette hypocrisie criante de nous vanter les avantages de la sédation terminale, et ayez le courage et l'honnêteté d'avouer que l'intention est toujours de donner la mort.
L'auto-détermination , la volonté et la capacité de choisir soi-même parmi les possibilités accessibles, y compris les soins palliatifs, y compris l'assistance à l'auto-délivrance, y compris les différentes formes d'euthanasie dans des circonstances contrôlables, en toute transparence, c'est ce que plus de 80 % de la population française et des autres pays européens désirent, selon les sondages effectués régulièrement.
Nos sociétés modernes, laïques, instruites, refusent toute mise sous tutelle et tout paternalisme, même avec la meilleure des intentions. Vous n'arriverez plus à revenir en arrière.
Elke Baezner
présidente DGHS Allemagne
ex-présidente d'EXIT Deutsche Schweiz
ex-présidente de la Fédération Européenne des Right-to-Die Societies
08:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17 avril 2009
Journée européenne pour le droit des patients
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16 avril 2009
La clinique Océane à Vannes pourrait perdre des services
La "longue" marche des médecins et des personnels
Le 30 avril, le service de réanimation de la clinique Océane à Vannes (Morbihan) fermera ses portes. Le 30 juin, ce sera au tour des urgences. La décision a été prise par la direction du groupe Vitalia, propriétaire de la clinique. Motif : le refus de l’Agence régionale de l’hospitalisation (ARH) de financer ces activités et qui préfère parler de « régularisation ». Une marche de protestation des médecins et des personnels aura lieu samedi, 18 avril.
14:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Lettre ouverte à monsieur le député Jean Léonetti
Une lettre concernant la partie du rapport qui a trait à la Belgique
Monsieur le député,
Lorsque nous nous sommes rencontrés, à votre demande, dans les salons de l'ambassade de france à bruxelles le 19 novembre dernier, je n'avais certes pas la naïveté de penser que je pouvais vous convaincre du progrés majeur que constitue la législation belge dans la gestion de la fin de vie des grands malades. Il était notoire que vous aviez mission de démontrer le contraire.
En ma qualité de membre de la Commission fédérale de contrôle de l'euthanasie chargé de préparer les rapports biannuels au parlement sur l'application de la législation relative à l'euthanasie, je disposais de toutes les données nécessaires pour vous permettre de mener votre mission correctement et je me suis éfforcé de vous les communiquer avec précision et objectivité.
Je regette de constater que le rapport que vous avez déposé à l'Assemblée Nationale les ignore ou les déforme, ne fait que ressasser des arguments dont six années de pratique de l'euthanasie ont démontré l'inanité et vise à donner l'impression que la législation belge rend « trop façile » le recours à l'euthanasie, improprement qualifiée de « droit à la mort ». la partie de votre rapport qui a trait à la Belgique mérite d'être sérieusement rectifiée.
Contrairement à votre affirmation, les soins palliatifs ne sont pas « négligés » en Belgique; ils sont extrêmenent développés et tout a été mis en oeuvre pour permettre aux mourants d'en bénéficier, notamment à domicile. Le fait que les rapports médicaux concernant la plupart des euthanasies pratiquées mentionnent que les patients en avaient bénéficié pendant des semaines ou des mois en est une preuve tangible.
Contrairement à votre affirmation selon laquelle il serait « manifeste » que la législation n'a pas mis fin aux pratiques clandestines, je vous ai donné les indications et des références qui suggérent le contraire.
Contrairement à votre affirmation l'obligation faite au médecin qui refuse de pratiquer une euthanasie de transmettre le dossier à un confrére désigné par le patient, ne permet nullement à celui-ci de pratiquer l'euthanasie sans établir la relation suivie avec le patient que la loi exige.
Contrairement à votre affirmation, le contrôle des déclarations par la commission est extrêmement sérieux. Comme vous le savez mais ne le signalez pas, dans 20% des cas la commission s'adresse au médecin pour obtenir des précisions ou des rectifications. Je m'abstiendrai de qualifier le paragraphe ou vous ironisez sur un détail anecdotique qui a fait rectifier une omission d'une date de naissance ou une erreur dans l'indication du sexe du patient : vous vous permettez de l'opposer à un lambeau de phrase du rapport de la commission qui, lui a trait à la technique utilisée pour l'euthanasie ce qui suggère une contradiction ( « dans la très grande majorité des cas, l'euthanasie est pratiquée correctement ... « ). La suite de la phrase, que vous avez omise, le démontre : « ... en accord avec les données disponibles de la littérature médicale, en déduisant d'abord une inconscience profonde; dans tous les cas ou un commentaire accompagne la texhnique utilisée , il signale que le décès survient paisiblement en quelques minutes, fréquenment en présence des proches ».
On retrouve la même ambiguité quand vous estimez que « la procédure applicable en Belgique est déroutante par sa rapidité », un propos que vous illustrez par l'estimation que « le temps estimé pour remplir une déclaration d'euthanasie est de 30 minutes ». La « procédure » se limiterait-elle à la rédaction de la déclaration ? Et sur quelles bases pouvez-vous estimer que 30 minutes seraient insuffisantes pour répondre à un questionnaire qui vise à vérifier si les conditions et procédures légales ont été respectées ?
Les deux seuls brefs témoignages, d'ailleurs très peu convaincants, que vous incluez dans votre rapport, démontrent pour autant qu'une telle démonstration soirt nécéssaire, que vous n'avez pas cherché à établir un bilan impartial mais simplement à étayer un plaidoyer décidé par avance. Des centaines d'autres sont disponibles qui infirment vos positions.
Enfin, la menace désormais classique des « dérives », toujours brandie mais jamais vérifiée, est illustrée dans votre rapport par des propos divers. D'autres voix, qui réclament une restriction du champ d'application de la aloi, ne sont pas citées.
Les nostalgiques de l'interdiction de l'euthanasie ont, eux aussi, le droit à la parole et ne s'en privent pas. Le débat démocratique reste très ouvert dans notre pays. J'espére qu'il en sera de même dans la France d'aujourd'hui et que votre rapport ne l'étouffera pas.
Croyez, monsieur le Député, à l'assurance de mes sentiments distingués.
Docteur Marc Englert
professeur à l'ULB
10:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16 mars 2009
annonçe d'une conférence à Vannes le vendredi 3 avril 2009
La Délégation de l'ADMD Morbihan a le plaisir de vous inviter à la conférence :
PITIE POUR LES HOMMES
qui se tiendra Vendredi 3 Avril à 18 heures
au Palais de Arts de VANNES
prononcée par le Docteur Denis LABAYLE
lui-même présenté par le Docteur Claudine LASSEN, Vice-Présidente de l'ADMD.
Le Docteur LABAYLE, chef de service hospitalier à la longue carrière, est un humaniste engagé. Il a initié en 2008 l'appel signé par plus de 2000 soignants qui ont reconnu avoir, en conscience, sur leur demande, aidé médicalement des patients à mourir avec décence parce que de façon certaine la maladie l'emportait sur leurs thérapeutiques et parce que malgré des traitements adaptés, les souffrances physiques et psychologiques de ces patients leur rendaient la vie intolérable.
L'entrée sera gratuite et ouverte à tous. Vous pouvez y inviter amis ou connaissances.
Dans l'attente du plaisir de vous y rencontrer,
Dolly SAVARY
Déléguée départementale
08:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13 février 2009
Arrêts de traitement en fin de vie
Proposition pour la modification du code de déontologie
Le Conseil national de l’Ordre a approuvé la nouvelle rédaction de l’article 37 du code de déontologie qu’il propose à Roselyne Bachelot. Il s’agit, comme le souhaitait d’ailleurs la mission Leonetti, de préciser l’obligation du médecin de recourir à des traitements antalgiques et sédatifs en cas d’arrêt de traitement actif en fin de vie.
Le Quotidien du médecin du 13/02/2009
15:46 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11 février 2009
La mort d’Eluana au cœur du débat sur l’euthanasie
Monde 10/02/2009 à 06h51
Italie. Le Sénat voulait interdire l’arrêt de son alimentation forcée.
Après des années de bataille judiciaire et de conflit politique qui se sont transformés au cours des derniers jours en une mini-crise institutionnelle, un simple communiqué a mis un terme hier soir au cas d’Eluana Englaro, la jeune Italienne plongée dans un coma végétatif depuis dix-sept ans.
Dans la clinique d’Udine, où elle avait finalement été accueillie vendredi pour cesser d’être alimentée et hydratée, Eluana Englaro est décédée malgré les tentatives de Silvio Berlusconi de bloquer jusqu’au bout ce qu’il avait qualifié de «crime». L’annonce de la mort de la jeune femme, qui avait été victime d’un accident de la route en 1992, lorsqu’elle n’avait que 20 ans, a été annoncée dans la soirée au Sénat alors que les parlementaires avaient été convoqués en urgence par le chef du gouvernement pour adopter une texte empêchant de laisser mourir Eluana. «Que le Seigneur l’accueille et pardonne à ceux qui l’ont conduit là», a commenté le cardinal Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour la santé, qui affirmait récemment : «Interrompre l’alimentation et l’hydratation équivaut à un abominable assassinat.»
Sous la pression du Vatican, l’affaire Eluana Englaro a profondément divisé la péninsule et a pris ces derniers jours un tour très violent après la décision de Berlusconi de défier le président de la République et la magistrature et de recourir à des procédures d’urgence pour, a-t-il soutenu, «ne pas avoir la responsabilité de sa mort». Et cela au moment où Giuseppe Englaro pensait être arrivé au bout de son calvaire et de celui de sa fille.
Recours. Alors que les médecins ont, dès 1993, jugé qu’il n’y avait plus d’espoir, le père d’Eluana avait trouvé une clinique pour assister la jeune femme dans ses derniers instants et voulait croire que les innombrables recours en justice déposés par les opposants au «droit de mourir» étaient surmontés. Ce n’est qu’en novembre 2008, au terme de dix ans de procès, que la Cour de Cassation l’a autorisé à interrompre l’alimentation et l’hydratation artificielles d’Eluana.
Giuseppe Englaro avait ensuite dû trouver une structure d’accueil adéquate. La région de Lombardie, présidée par l’ultracatholique Roberto Formigoni et où réside la famille Englaro, s’est opposée à toute solution. Au bout du compte, c’est une clinique d’Udine, dans le Frioul, qui a accepté d’accueillir vendredi Eluana. «Elle ne souffrira pas car Eluana est morte il y a dix-sept ans», a précisé Amato De Monte, l’anesthésiste de la clinique. Le décès devait intervenir au bout d’une quinzaine de jours, selon les médecins.
C’est pour s’opposer à ce qu’elle considère comme un «crime d’euthanasie» que la droite berlusconienne s’est lancée dans une course contre la montre. Vendredi, le patron de la droite a fait approuver en urgence en Conseil des ministres un décret-loi stipulant que «dans l’attente de l’approbation d’une législation complète en matière de fin de vie, l’alimentation et l’hydratation ne peuvent en aucun cas être suspendues par ceux qui assistent les personnes qui ne sont pas en mesure de décider pour elles-mêmes». Mais le chef de l’Etat, Giorgio Napolitano (ex-communiste), a refusé de contresigner la mesure. Berlusconi a alors tenté le passage en force en convoquant «sur le champ le Parlement pour faire adopter la loi en l’espace de deux ou trois jours».
Enjeux. Alors que les sondages indiquaient que l’opinion était partagée, les enjeux de la polémique ont largement dépassé le cas de la jeune femme. «Berlusconi a pris le cas Englaro comme prétexte pour tenter un coup de force», a estimé l’écrivain Umberto Eco. Hier, les dirigeants de la majorité ont annoncé qu’ils entendaient poursuivre l’examen du texte car, disent-ils, «Eluana n’est pas morte, elle a été tuée».
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10 février 2009
Eluana Englaro, symbole italien de la lutte pour l'euthanasie, est morte

Mme Englaro est morte un peu plus de trois jours après l'arrêt de son alimentation et de son hydratation, beaucoup plus rapidement que ses médecins le prévoyaient.
Les sénateurs ont observé une minute de silence à sa mémoire. Le Sénat italien était réuni en session d'urgence pour examiner un projet de loi présenté par le gouvernement de Silvio Berlusconi pour empêcher la mort de la jeune Italienne.
"Que le Seigneur l'accueille et pardonne à ceux qui l'ont conduit là", a commenté le "ministre de la santé" du Vatican, Javier Lozano Barragan. L'Eglise catholique avait jeté tout son poids dans la bataille pour empêcher ce qu'elle considérait comme une euthanasie et un homicide.
Le président du conseil, Silvio Berlusconi, a appris "avec une profonde douleur" la mort d'Eluana, selon les médias italiens.
Le père d'Eluana, Beppino, qui se battait depuis des années pour le droit de mourir de sa fille a été informé de son décès et a demandé à pouvoir se recueillir seul avant de réagir. La famille de la jeune femme avait obtenu de la plus haute juridiction italienne en décembre dernier l'autorisation de la laisser mourir. Les médecins avaient cessé vendredi dernier de l'alimenter et de l'hydrater pour ne plus lui administrer que des sédatifs destinés à lui épargner des souffrances.
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19 décembre 2008
Le droit de mourir à la française
Voici un article qui montre que tous les médecins « éthiciens » ne sont
pas dans l'obstination déraisonnable du dogmatisme aveugle et du
lobbying médical.
In « LIBERATION , « Rebonds », mardi 9 décembre 2008
Le droit de mourir à la française
A peine Jean Leonetti vient-il de rendre publiques ses conclusions sur l’évaluation de la loi relative aux droits des malades et à la fin de vie que les passions se déchaînent. Certains se saisissent même de l’occasion pour donner des leçons de morale, ils appellent à une mobilisation éthique collective et à en finir avec le temps des vaines controverses. L’interpellation est violente. Serions-nous vraiment à l’aube d’un péril éthique ? Et les conclusions de M. Leonetti n’ont-elles pas vocation à plutôt inviter au débat qu’à le clore ? Il circule sur ces sujets aujourd’hui comme un parfum de prêt à penser bien-pensant et soi-disant consensuel qui fait frémir. Il devient urgent d’y résister.
Que penser d’abord de la menace d’un péril éthique collectif ? Les Belges, les Hollandais, les Suisses y auraient déjà cédé, nous dit-on, en légiférant qui sur l’euthanasie, qui sur l’aide au suicide. Chez eux, l’euthanasie serait banalisée, jusqu’à s’appliquer à des personnes atteintes d’Alzheimer ; et on accepterait d’aider au suicide des personnes âgées simplement parce qu’elles se disent fatiguées de vivre…
Mais comment ignorer que chez nous aussi, ici en France, il se rencontre, et souvent, des gens qui comme en Belgique, disent que s’ils ont vraiment la maladie d’Alzheimer, lorsqu’elle atteindra des proportions trop importantes, alors il faudra, je vous en supplie, que tout soit fait pour que cela s’arrête, qui demandent à l’écrire et que cela soit consigné dans leurs directives anticipées. Des gens qui ont si peur que cette volonté forte qui est la leur, mûrement pensée, anticipée, réfléchie et répétée, ne soit pas respectée, qu’ils demandent s’ils peuvent aller chez nos voisins pour accéder à ce qui reste aujourd’hui interdit en France. Il faut savoir aussi, qu’en France comme en Suisse, des
personnes âgées ou moins âgées disent en toute lucidité que cela suffit, qu’ils ont assez vécu, que la maladie chronique qui les mine depuis des années et qui reste pourtant à peu près contrôlée médicalement, fait qu’ils sont devenus las de leur vie, qu’ils refusent qu’elle devienne pour eux, et pour leurs proches, plus lourde et lancinante encore. Il y a probablement une certaine contrepartie à concéder aux progrès de la médecine. Elle fait vivre, certes, bien plus longtemps qu’auparavant, mais à quel prix ? Ne sommes-nous pas bien prétentieux à nous dire plus éthiques sur ce point que nos voisins ? Et si c’était eux qui l’étaient, d’avoir pris la mesure bien avant nous de ce que nous devons aux personnes malades du fait de la médicalisation des maladies et de la chronicisation sans fin qu’elle amène.
Les soins palliatifs eux-mêmes ont fait de tels progrès que l’on ne meure plus, et les hospitalisations sont de plus en plus longues, ce qui rend parfois interminable, voire insupportable, l’attente de la mort annoncée, pour celui qui est sur la rive, comme pour ceux qui l’accompagnent. Alors, où est la plus «évidente barbarie», est-elle vraiment davantage chez nos voisins que chez nous ?
La loi Leonetti maintenant. Elle ne saurait clore le débat sur les questions que soulèvent l’accompagnement de fin de vie et la mort, non plus que tous les travaux successifs qui s’y rapporteront. Ne serait-ce que parce que jamais aucune loi ne réussira à tracer une frontière étanche
entre ce qui est et ce qui n’est pas de l’euthanasie… Car comment appeler autrement qu’euthanasie ce qui survient lorsqu’on arrête de nourrir et d’hydrater quelqu’un pendant plusieurs jours, sciemment, pour et jusqu’à ce que mort s’en suive ? Le recours à cette extrémité est autorisé par la loi, celle qui est censée faire de nous des parangons de vertu éthique et démocratique, des chevaliers blancs de la défense des droits de l’homme.
Malheureusement, la réalité de la vie quotidienne sur ces questions est irréductible à tout schéma simpliste. Tous ceux dont c’est le métier de s’y confronter le savent. Les demandes de mort par arrêt d’alimentation et d’hydratation se multiplient aujourd’hui en France, parce que c’est souvent le seul moyen légal d’obtenir la mort que l’on souhaite ardemment pour soi ou pour l’autre, celui sur qui l’on veille mieux encore que sur soi-même. A chaque fois, la situation est singulière, exceptionnelle, dramatique, douloureuse et ne se résout qu’au prix d’un intense travail fait de dialogue et de confiance. Nous n’avons jamais vu, dans notre expérience, que ces questions soient traitées à la
légère.
Certes, ailleurs, c’est grâce à d’autres moyens que la mort est obtenue. Mais, fondamentalement, qu’y a-t-il de si différent ? Qui veut-on protéger à interdire ce que nos voisins ont autorisé ? Est-ce vraiment les personnes ? Sous couvert d’une loi dite relative aux droits des malades, ne protégerait-on pas davantage une idéologie dominante, à moins qu’il ne s’agisse de protéger une corporation dominante ?
Je ne sais pas s’il faut faire évoluer la loi Leonetti, peut-être en effet est-il trop tôt. Mais de grâce, évitons les leçons de morale et les caricatures. Pourquoi faudrait-il choisir son camp, soins palliatifs contre euthanasie ? La réalité, on l’a vu, est beaucoup moins manichéenne que cela. Je suis sûre, à l’inverse, que c’est en nous laissant bouleverser par la singularité et la diversité des situations concrètes, accompagnées dans leur intimité et leur complexité, que peut-être un jour nous arriverons à y voir plus clair. Chantal Sébire n’aurait accepté ni l’arrêt d’alimentation et d’hydratation, ni la sédation terminale, ni le contact référent avec un médecin de soins palliatifs que lui propose M. Leonetti dans son nouveau rapport…
Le débat, qu’on le veuille ou non, est loin d’être clos, il s’enflammera à nouveau à la prochaine histoire médiatique. S’il vous plaît, ne le fermons pas. Sur ce sujet, la route sera longue encore.
Débat à l’Institut Pasteur à Paris - «Mourir après la loi Leonetti» -, ce mardi à 19 heures, avec Gaëtan Gorce, membre
de la mission Leonetti, organisé par l’association Ethique clinique et société.
le Docteur Véronique Fournier, Directice
du Centre d'Ethique Clinique de l'Hôpital Cochin
08:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16 décembre 2008
une enquête intérêssante !
Extraits d'une thèse de Doctorat en Sciences (Ethique médicale) soutenue par Renaud CLEMENT le 17 juin 2008 devant l'Université Paris V-René Descartes, intitulée:
QUE FONT LES MEDECINS FACE A DES DEMANDES DE MORT DE MALADES EN
SITUATION DE FIN DE VIE ?
Une enquête anonyme a été réalisée auprès de 534 médecins de Loire Atlantique (date non mentionnée). 127, soit un peu plus de 1 sur 4 a répondu (60% de généralistes, 26% de cancérologues et 14% de gériatres). Malheureusement, l'enquête n'a pas repris les questions de l'intéressante enquête portant sur le même sujet et faite par l'INED (Institut National d'Etudes Démographiques) de 2001 à 2003 dans
6 pays d'Europe, dont vous pourrez prendre connaissance à cette adresse: http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1223/publi_pdf1_...
Un biais peut être né de ce que ce sont les professionnels les plus intéressés par le problème traité qui ont répondu. Il faudra le prendre en compte dans l'utilisation de ces données..
Pour information, nous signalons que les médecins ayant répondu exerçaient à 64% dans des
cliniques privées, 13 % dans des établissements privés sans but lucratif, et 23% dans des hôpitaux
publics, sans que ces différents modes d'exercice aient montré quelque influence sur les réponses
obtenues.
Qui doit décider en fin de vie?
Le malade: 28 %
Le médecin 12 %
L'équipe de soins: 9 %
L'équipe de soins et la famille: 2 % (quelques cancérologues)
Tout le monde (toutes les personnes précédemment mentionnées): 34 %
Personne n'en a le droit: 6 %
Autre (« la nature », « le destin »)10 %
Aucun des gériatres ne pense que ce doit être le médecin; et ce sont eux les moins nombreux à
penser que la décision devrait être laissée au malade.
Quatre des 18 gériatres estiment que c'est l'équipe de soins qui doit décider en la fin de vie, mais
sans faire participer la famille.
Dans sa conclusion, l'auteur a écrit: « la fin de vie qui en décide ? en droit le patient, en fait le
médecin »
Connaissance des lois régissant la fin de vie.
Trois médecins sur quatre ne savent pas que l'euthanasie est interdite.
Prés de 60% des médecins ne connaissent aucun texte ou cadre juridique portant sur la fin de vie.
Quant à la loi Léonetti, seuls 20% des médecins savent qu'elle existe.
Cette ignorance de la législation est partagée dans les mêmes proportions par les trois modes
d'exercice (généralistes, cancérologues et gériatres), par ceux qui déclarent avoir pratiqué des
euthanasies comme par les autres.
Qu'est ce que « la fin de vie »?
Les définitions données de la fin de vie sont le suivantes:
L'approche de la mort : 37 %
« Toujours la vie »: 28 % (surtout les gériatres)
Moment où il n’y a plus de traitement: 17 % (surtout les cancérologues)
Intégration du temps (sans que l'auteur donne un sens précis à ce concept): 51 %
Altération de l’état de santé: 26 %
Autre: 10%
Qu'est ce que « l'euthanasie »?
Provoquer la mort à la demande du malade: 29 % des réponses
Donner la mort: 40 % des réponses
Abréger les souffrances: 19 % des réponses
Autre (par exemple: «répondre à un devoir d’humanité » ou « un mal »): 9 % des réponses
Avez vous déjà pratiqué l'euthanasie et combien de fois
(la durée de la pratique médicale des répondants tournant autour de 12 années -minimum 1 an, maximum 37 ans)?
Un médecin sur trois a dit avoir délivré des euthanasies (minimum 2, maximum 20, mais
certaines réponses n'ont pas précisé le nombre).
Qu'est ce qui marque le plus les médecins face une demande d'euthanasie?
La douleur: 70 % (plus particulièrement les généralistes)
L'incurabilité: 17 % (surtout les généralistes)
Le handicap: 20 % ( essentiellement les généralistes)
Le désespoir: 21 %
Le mal-être: 19 %
La lucidité: 27 % (très majoritairement les généralistes)
Autre: 9 %
Remarque personnelle: les praticiens, surtout les généralistes, sont plus humains que connaisseurs du
droit et c'est tant mieux!
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15 décembre 2008
Prédire le risque d'Alzheimer 10 ans plus tôt
Une équipe INSERM de Bordeaux a étudié l'apparition des symptômes de la maladie d'Alzheimer. La maladie évolue silencieusement pendant près de 10 ans. Il serait possible de définir des populations à risque avant le stade de démence et même de poser le diagnostic trois ans plus tôt.
« L'intérêt de notre étude est d'apporter une preuve argumentée qu'il existe une phase longue et silencieuse dans la maladie d'Alzheimer », explique Héléna Amiéva, INSERM U897 à Bordeaux et premier auteur de l'étude de cohorte de 14 ans sur l'émergence des symptômes cliniques de la maladie.
« Même si les symptômes ne sont pas visibles à l'œil nu, ils sont présents et décelables à l'aide de certains tests. Près de 10 ans avant le stade de démence, il est possible de définir des groupes de sujets à risque d'évoluer vers une maladie d'Alzheimer. L'étude montre même que le diagnostic pourrait être posé trois ans plus tôt puisque tous les symptômes sont présents. » Ce qui pourrait avoir des conséquences immédiates pour le suivi et, à l'avenir, pour le traitement.
› Dr I. D.
Quotimed.com, le 12/12/2008
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Fin de vie : Jean Leonetti s’explique
interview pour le journal "le quotidien du médecin" à écouter :
http://www.quotimed.com/web/index.cfm?fuseaction=viewvide...
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10 décembre 2008
Marie-Rose Ginet a été acquittée
Elle avait empoisonné son mari hémiplégique, avant de tenter de se suicider à son tour. Cette septuagénaire a été acquittée mercredi par la cour d'assises de l'Isère. Les jurés ont en effet estimé que Marie-Rose Ginet, 70 ans, avait bien empoisonné son mari, un hémiplégique "en phase terminale", en lui administrant une dose mortelle de somnifères en 2005. Mais selon la cour, la femme a agi sous "la contrainte" et est donc pénalement irresponsable de son acte, conformément à l'article 122-2 du code pénal.
Les faits remontent au 10 juillet 2005. Ce soir-là, Marie-Rose avait introduit une dose d'Imovane dans la sonde gastrique de son époux, Paul, 71 ans, avant d'absorber 18 cachets du même somnifère. La femme avait ensuite ouvert la bouteille de gaz à leur domicile de Saint-Michel-de-Saint-Geoirs. C'est le lendemain matin qu'elle a été découverte inconsciente par l'infirmier de la famille, assise dans un fauteuil à côté du lit où gisait son époux décédé.
Un peu plus tôt dans la journée de mercredi, "une peine aussi symbolique que possible" avait été requise à l'encontre de la septuagénaire. Marie-Rose Ginet "a bien intenté à la vie de Paul Ginet", a souligné l'avocat général, Pierre-Marie Cuny. "Mais j'estime que la sanction doit tenir compte des éléments d'humanité, du calvaire et de l'impasse" dans laquelle se trouvait la femme. Le magistrat a évoqué "la vie de souffrances, de sacrifices, de services" de cette mère de deux enfants myopathes, décédés à 18 et 21 ans, qui s'occupait à domicile de son époux, hémiplégique à la suite d'un accident vasculaire cérébral en 2004. "L'homicide suivi du suicide s'est imposée comme la seule solution à ses yeux pour régler ce dilemme", a conclu le magistrat.
(D'après agence)
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09 décembre 2008
La Déclaration universelle des droits de l’homme a 60 ans
La Déclaration universelle des droits de l’homme a 60 ans
« Tout a commencé à Nuremberg avec une investigation médicale »
Entre les droits de l’homme et l’éthique médicale, la filiation historique est directe. La publication des « Textes fondamentaux » (lire ci-dessous), depuis l’adoption de la déclaration universelle des droits de l’homme par l’Assemblée générale de l’ONU, il y a 60 ans, le 10 décembre 1948, rappelle combien les concepts de santé sont intégrés dans ceux des droits de l’homme. Président de l’Espace éthique/AP-HP, Emmanuel Hirsch revient sur leur lien historique, avec le sursaut contre la barbarie nazie et le code de Nuremberg. Et il souligne combien chaque médecin s’honore aujourd’hui en inscrivant sa pratique dans une réflexion exigeante sur le respect des personnes et, en premier lieu, des plus vulnérables.
Le Quotidien du Médecin du 9/12/2008
13:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
États généraux de la bioéthique présidé par Jean Léonetti
États généraux de la bioéthique : le comité de pilotage au travail
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a donné aujourd'hui le top départ du comité de pilotage chargé d'organiser les états généraux de la bioéthique. Présidé par le Dr Jean Leonetti, auteur de la loi sur la fin de vie, ce comité comprend cinq autres membres : Marie-Thérèse Hermange (sénatrice UMP), Claudine Esper (juriste), Suzanne Rameix (philosophe), Alain Claeys (député PS) et le Dr Sadek Beloucif (président du conseil d'orientation de l'Agence de la biomédecine). « Trois femmes, trois hommes, aux sensibilités et aux parcours différents : la constitution de ce comité de pilotage est le premier signe de la diversité que nous souhaitons voir s'exprimer », a souligné la ministre.
Les états généraux porteront sur les thèmes de la loi de bioéthiqueø: la recherche sur l'embryon et les cellules souches, les greffes, l'assistance médicale à la procréation, la médecine prédictive, les diagnostics prénatal et préimplantatoire. « Nous ne partons pas de rien », a indiqué Jean Leonetti en faisant référence à loi de 2004 et aux travaux récents rendus sur le sujet par le Comité national d'éthique, l'Agence de la biomédecine, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques (OPESCT) et celui du Conseil d'État, à venir.
Des auditions publiques sont prévues, qui devraient être retransmises publiquement sur un site Internet dédié. Trois grands forums régionaux à visée pédagogiques seront proposés sans que l'on connaisse encore les régions élues. Une synthèse nationale clôturera les états généraux et le comité rendra sa copie au chef de l'État à la fin du mois de juin.
› S. H.
Quotimed.com, le 08/12/2008
13:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04 décembre 2008
Prochaine réunion
ATTENTION
NOTRE PROCHAINE RENCONTRE à VANNES
Elle se tiendra le Lundi 5 janvier 2009
à Vannes à 14h30 :
SALLE COMMUNALE DE KERCADO
Place de Cuxhaven
(non loin du poste de police de Kercado)
Nous comptons sur vous.
Vous pouvez nous contacter au : 02.97.47.94.02 ou par mail : admd.morbihan@laposte.net
09:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Jean Leonetti : "On doit supprimer la souffrance sans supprimer le malade"
Roberto : Pourquoi avoir refusé d'autoriser exceptionnellement l'euthanasie dans certains cas très choquants (par exemple, celui de Chantal Sébire) ?
Jean Leonetti : La question elle-même comprend l'ambiguïté de la situation. On dit bien "le cas très particulier", et on dit bien "à titre exceptionnel". Et on voit bien que le fait de dire que le cas est très particulier, et que c'est exceptionnel, rend extrêmement difficile le fait d'énoncer des critères suffisamment clairs et précis pour que l'exceptionnel reste exceptionnel, et pour que le cas personnel ne devienne pas une
Le rapport Léonetti sur la fin de vie "accouche d'une souris"
Les faits Le rapport Leonetti rejette la légalisation de l'euthanasie
Reportage Vivre, jusqu'à la mort
Entretien Fin de vie : "il faut une approche progressive"
Eclairage Affaire Sébire : la justice s'oriente vers un classement sans suite
Pour dire les choses autrement, la tumeur dont souffrait Chantal Sébire était rare, mais la situation dans laquelle elle se trouvait n'est pas exceptionnelle. Elle concerne presque tous les cancers de la sphère ORL, et dès que, à titre exceptionnel, on aurait satisfait cette demande de mort, viendrait une autre demande, tout aussi personnelle, qui se considérerait comme exceptionnelle.
La loi est faite pour dire la norme générale et s'appliquer à tous les citoyens. Rappelons deux choses : la phrase de Robert Badinter : "Il faut se défier des lois d'exception, surtout lorsqu'elles touchent aux valeurs fondamentales" ; et celle de Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) : "Ne proposez pas l'euthanasie exceptionnelle, la demande n'est pas exceptionnelle, elle doit être ouverte à tous".
Gérard Faure : À quoi sert une commission qui décide de ne rien changer ? Et qu'est-ce qui lui donne l'autorité de décider de la fin de vie des autres ?
Jean Leonetti : La commission ne s'est pas bornée à conforter la situation actuelle, et personne ne peut contester les avancées significatives qu'elle a ajoutées à la loi, déjà considérée par tous comme une avancée, et votée à l'unanimité par le Parlement. En effet, par ailleurs, personne ne peut décider à la place des autres.
Le suicide reste un droit-liberté, et l'assistance au suicide, sous certaines conditions, n'est pas non plus incriminé en France. Ce droit-liberté ne devient pas obligatoirement un droit-créance qui correspondrait au fait que la société ou le corps médical devraient répondre à la demande individuelle d'un choix personnel.
La Cour européenne des droits de l'homme a statué qu'il n'y a pas un droit à la mort équivalent à celui reconnu du droit à la vie.
Karim : Ne pensez-vous pas que, par tradition, la France ne pourra jamais donner satisfaction aux partisans de l'euthanasie ?
Jean Leonetti : Je ne pense pas que la tradition joue un rôle important dans ce domaine. La meilleure preuve, c'est qu'un pays comme l'Angleterre, dont le moins qu'on puisse dire est qu'il ne partage pas la même histoire et les mêmes traditions, n'a pas non plus dépénalisé le droit de tuer par compassion. Sur le plan du progrès, je crois que les avancées sociales et de solidarité se retrouvent plus dans le développement des soins palliatifs que dans le développement de l'euthanasie.
Deux preuves : aux Pays-Bas, pays qui a légalisé depuis longtemps l'euthanasie, le développement des soins palliatifs fait considérablement diminuer la demande de mort ; par ailleurs, le professeur Goldwasser, qui est passé d'une pratique euthanasique il y a quelques dizaines d'années à une pratique de soins palliatifs, déclarait à propos de l'euthanasie : "C'est un ex-progrès devenu ringard." La modernité n'est pas la légalisation de l'euthanasie, mais le développement du prendre-soin.
HBO : Ne craignez-vous pas une radicalisation des "pro-euthanasie", conduisant à des dérapages en série. On tomberait ainsi dans une situation de clivage type, comme avec le débat sur l'avortement ?
Jean Leonetti : Malheureusement, ce que j'ai entendu du président de l'ADMD, bien avant que je remette mon rapport, montrait une volonté de radicalisation au travers de manifestations, en particulier le 2 novembre.
Pour ma part, je pense que les partisans de l'ADMD partent d'un vrai diagnostic : la souffrance et l'abandon trop fréquents dans notre pays en fin de vie, et aboutissent à une mauvaise solution : le droit à supprimer le malade pour supprimer la souffrance, alors que l'on doit supprimer la souffrance sans supprimer le malade.
Enfin, les situations et les dérives que j'ai constatées dans les pays étrangers visités, Suisse, Pays-Bas, Belgique, ne peuvent aujourd'hui être niées par personne, elles sont même confirmées par les gouvernements concernés.
Je continuerai pour ma part à essayer de prolonger un dialogue ouvert, en particulier avec ceux qui réclament un droit à mourir de peur de mal mourir.
Philippe B. : Je suis médecin, j'ai travaillé plusieurs années dans un service de cancérologie. Votre loi est parfaite, mais elle n'est pas appliquée partout, ce qui explique les réactions émotionnelles mises en exergue dans les médias. Certains médecins et chefs de service sont contre et les familles doivent alors trouver un médecin médiateur responsable. Comment faire face à ce problème ?
Jean Leonetti : Ce que vous dénoncez est une réalité. C'est la raison pour laquelle nous avons demandé dans nos propositions qu'un médecin référent, responsable de soins palliatifs, puisse être consulté à la demande du corps médical comme de la famille, dans ces situations de conflit.
Il pourra ainsi apporter son expertise et son rôle de médiation, et éventuellement, hospitaliser le patient dans un autre service si la situation conflictuelle s'avère inextricable.
Cet argument plaide en faveur de l'approfondissement d'une loi, qui est peu connue et mal appliquée, avant de la modifier.
Juju : N'avez-vous pas peur d'une application illégale de l'euthanasie à défaut de son autorisation ?
Jean Leonetti : Les autorités hollandaises répondent qu'il y a au moins 20 % d'euthanasies clandestines. C'est bien la preuve que l'autorisation de l'euthanasie n'empêche pas l'euthanasie clandestine. J'ai souhaité la mise en place d'un observatoire de la fin de vie pour que, au-delà des situations douloureuses, médiatiquement présentées, on pénètre réellement dans la réalité de la fin de vie dans notre pays.
On meurt mal en France, souvent seul, trop souvent encore avec des douleurs non calmées alors que cela serait possible. L'observatoire peut aussi faire connaître la face cachée de la fin de vie par des enquêtes anonymes qui nous apprendront la réalité des euthanasies clandestines, et peut-être les circonstances et les causes qui les provoquent.
Le plus souvent, malheureusement, il s'agit de l'incapacité pour le corps médical, qui n'y a pas été formé, d'aborder le problème de la mort.
MPPH : Pourquoi le congé de fin de vie est-il de quinze jours ? Cela correspond-il au temps qu'il faut pour mourir sous sédation terminale ?
Jean Leonetti : Il fallait bien réfléchir à une durée. Cette période a au moins le mérite de couvrir le temps habituel qu'il faut pour mourir accompagné lorsque la fin est proche à l'hôpital et que le patient désire mourir chez lui.
J'ai vécu dans ma profession deux périodes : une pendant laquelle les familles et les malades réclamaient quelques jours avant la fin de retourner à leur domicile, pour qu'elle se déroule dans un climat familial et familier. Je constate aujourd'hui que le processus inverse s'est mis en place, et que lorsque la fin de vie s'annonce au domicile, c'est à l'hôpital qu'elle se déroule pour les derniers jours. Ce congé devrait au moins éviter l'obstacle des salariés en difficulté dans des circonstances d'accompagnement d'un proche.
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03 décembre 2008
Loi Leonetti : les partisans de l'euthanasie montent au créneau
Le rapport d'évaluation de la loi de 2005 sur la fin de vie, qui rejette la légalisation de l'euthanasie, propose certains aménagements, dont la création d'un observatoire des pratiques médicales de la fin de vie chargé de faire connaître la législation et d'étudier la réalité des situations médicales. Un congé d'accompagnement, d'une durée de 15 jours, pourrait être mis à l'étude à titre expérimental, sous la forme de « congés payés ». Parallèlement, l'offre de soins palliatifs devrait être développée, avec des unités dans chaque région d'ici janvier 2010 et dans chaque département d'ici 2013. Des médecins référents en soins palliatifs pourraient intervenir « dans les cas litigieux ou les plus complexes ».
Concernant la « procédure pénale d'exception » demandée par des députés et certaines associations, le rapport indique que « la justice est d'ores et déjà en mesure d'utiliser les ressources de la procédure pénale pour absoudre ou juger avec mansuétude en fonction de chaque situation ». Gaëtan Gorce (PS), l'un des quatre participants à la mission d'évaluation, a indiqué qu'il jugeait ses propositions « insuffisantes », même si elles constituent « une amélioration du droit existant ». À cet égard, Jean Leonetti a tenu à rappeler que les députés « qu'il a voulu associer à cette mission » l'ont accompagnée « à titre personnel » et que le contenu du rapport n'engageait que le rapporteur.
Pour Jean-Luc Romero, le président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), la mission Leonetti « accouche d'une souris avortée ». Il a annoncé l'organisation, mercredi 10 décembre, d'une rencontre de parlementaires prêts à travailler ensemble sur le sujet, autour des députés Laurent Fabius (PS) et Henriette Martinez (UMP) et des sénateurs Marie-Christine Blandin (Verts) et Alain Fouché (UMP), avec l'objectif de déposer une proposition de loi dans le cadre d'une niche parlementaire.
› STÉPHANIE HASENDAHL ( le Quotidien du médecin )
Quotimed.com, le 02/12/2008
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Rapport d’évaluation de la loi sur la fin de vie (mission Leonetti, 28/11/2008)
19:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



